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En pleine vague de froid, vous vous sentez frigorifié au bureau ? C’est normal, voici pourquoi

En pleine vague de froid, vous vous sentez frigorifié au bureau ? C’est normal, voici pourquoi

Infrastructures inadaptées, habitudes bien ancrées, disparités physiologiques… Les raisons sont nombreuses pour se sentir frigorifié dans un bureau chauffé à 19 °C.

EMPÉRATURES - Le froid est bel et bien de retour et, avec lui, la panoplie de bureau devenue nécessaire depuis que le thermostat des entreprises est passé à 19 °C : plaid, gants, bouillotte… Chacun y va de sa technique pour supporter la baisse de température dans l’open space. Mais deux degrés en moins peuvent-ils vraiment faire une telle différence ? Est-ce normal d’avoir aussi froid par 19 °C ?

 

Il note par exemple que la température recommandée en intérieur par les médecins au XVIIIe siècle est « de l’ordre de 12-15 °C ». « Et c’est déjà énorme, quand on pense qu’à l’époque, il n’est pas rare du tout qu’il gèle à l’intérieur des habitations. » Dans les années 1780, 19 °C à l’intérieur est d’ailleurs considéré comme excessif et une pièce à cette température est décrite comme « fort échauffée ».

La sédentarisation du travail en cause

Mais ce ressenti n’est pas qu’une construction sociale. « Les gens se plaignent à juste titre : 19 °C, quand on ne bouge pas, ce n’est physiquement et physiologiquement pas assez », estime Françoise Thellier, énergéticienne spécialisée en thermo-physiologie et professeure à l’université Paul Sabatier de Toulouse. Lorsqu’on compare notre expérience du froid à celle de nos ancêtres, il faut donc aussi prendre en compte les changements de mode de vie. « Je ne suis pas sûr que l’homme il y a 200 ans avait moins froid que nous. Je pense qu’il ne se déplaçait pas, ne s’habillait pas et ne vivait pas de la même manière », commente Renan Viguié, docteur en histoire et auteur d’une thèse intitulée Se chauffer en France au XXe siècle.

La sédentarisation du travail explique ainsi en partie que l’on ait si froid derrière notre ordinateur avec un thermostat à 19 °C. « Plus on bouge, plus on produit de la chaleur, rappelle Françoise Thellier. Pour quelqu’un d’assis au repos, avec ce qu’on appelle une tenue standard d’hiver, la température idéale c’est entre 20,5 et 22 °C. »

 

Nos habitudes vestimentaires participent à ce manque de confort par 19 °C. Au fil des années et avec la démocratisation du chauffage, nous avons pris l’habitude de moins nous couvrir à l’intérieur. « Autrefois les gens portaient des bonnets ou fourrures à l’intérieur des maisons, reprend Olivier Jandot. Dans le portrait le plus connu qu’on a d’Érasme, il est recouvert d’un gros manteau de fourrure. Il faut imaginer qu’il faisait 7-8 °C là où il travaillait. »

 

 

Un autre problème est soulevé par cette règle des 19 °C : il ne suffit pas de programmer un thermostat à cette température pour que tout un espace l’atteigne. « Le gros souci, c’est que ça ne veut strictement rien dire, 19 °C, souligne Renan Viguié. Ça dépend où est placé le thermostat. » Les open spaces et les bâtiments vitrés où se situent souvent beaucoup de bureaux ne favorisent pas forcément non plus une bonne répartition de la chaleur.

Les femmes plus sensibles au froid

Outre ces facteurs environnementaux, tout le monde n’est pas égal face au froid. Si vous êtes une femme, il se peut que vous viviez moins bien la baisse de températures que certains de vos collègues masculins. Plusieurs études ont ainsi montré que les femmes avaient besoin de températures plus élevées pour être dans une situation de confort thermique. Les raisons d’une telle disparité ? Elles sont d’abord physiologiques. Selon Dimitra Gkika, maîtresse de conférences en physiologie à l’université de Lille citée dans Le Monde, notre ressenti du froid peut varier sous l’effet des hormones. « Nous avons fait l’expérience sur des souris et des rats, raconte la chercheuse. 

 

Changer ses habitudes pour pallier un inconfort peut aussi donner l’impression d’un retour en arrière. « Il y a cette idée qu’on subit, que c’est une forme de mouvement à contre-courant du confort, qu’il faut revenir à ce que faisaient nos grands-parents », estime Renan Viguié. Françoise Thellier établit un parallèle avec notre utilisation du téléphone portable : « Dans l’absolu, on pourrait très bien téléphoner une fois par jour quand on est devant un téléphone fixe, mais on s’est habitués à ce confort, on n’est plus prêts à vivre sans. Mettre le thermostat à 22 °C, c’est agréable, et on n’a pas envie de revenir à une situation désagréable. »

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